Les terres glacées du Svenhaagen

Ceux qui ont lu et joué le livre Le royaume de la discorde  connaissent les redoutables krinals du Nord. Venus des steppes septentrionnales, ces guerriers conduit par leur chef Osthrom-le-régicide font peser leur menace sur les Cinq Contrées. Mais d'où viennent-ils? Afin d'en savoir un peu plus, nous vous proposons une petite ballade dans les terres glacées du Svenhaagen.
Les terres du Svenhaagen s’étendent d’ouest en est sur plus d’un millier de kilomètres et du nord au sud sur cent à trois cents kilomètres de large. Ce sont les terres habitées les plus au nord des continents connus. On pourrait croire cette région déserte tant le climat se montre hostile mais les terres du Svenhaagen sont riches en rencontres, malheureusement souvent dangereuses.

Géographie et climat

Une immense steppe aride recouvre l'ouest du pays et se prolonge au nord par une banquise instable dès lors qu'arrive la saison chaude. À l’est, la plaine se brise sur la chaîne du Pic Noir qui se prolonge par une succession de montagnes et de vallées. À l’extrême est, les montagnes vont mourir dans la terrifiante mer de Gommon, lieu de glace et de feu où règnent volcans sous marins et glaciers.
L’immense plaine, constituant la majorité du pays, est sans cesse balayée par les vents, glaciaux en hiver, froids en été…

Flore et faune

Il y a des millénaires, le climat était plus clément et les eaux recouvraient la steppe. Si le phénomène qui entraina la baisse du niveau des océans reste inexpliqué pour les peuples actuels, ses conséquences sont encore perceptibles : la terre imprégnée de sel est devenue quasiment stérile. Seules les zones où circulent les torrents ont été lavées et permettent à de maigres arbustes de pousser.
Disséminés dans la toundra, des étangs salés, voire de simples mares, continuent à abriter une faune et une flore adaptées à la salinité. Une sous-race de Centuplides, dégénérée et à l’intelligence quasi-animale vit dans et autour de ces étangs. Physiquement plus petit (1m60) que leurs cousins, on les surnomme narquoisement « censtupides », mais ils n’en sont pas moins craints. Leur technique de chasse consiste à attendre leur proie cachés sous l’eau puis à se jeter sur elle à plusieurs pour l’entrainer et la noyer dans leur mare.
On y trouve également une dangereuse algue étrangleuse trop souvent confondue avec son inoffensive jumelle très prisée des voyageurs pour ses qualités nutritives : la salicorne-tentacule. Ses larges tiges mesurent jusqu’à cinq mètres de long et, grâce à des palpeurs tactiles, se contractent autour de leurs victimes jusqu’à ce qu’elles ne perçoivent plus de mouvement.
Il ne faut pas imaginer pour autant que les plaines de Svenhaagen sont inoccupées. De nombreux herbivores tels les caribous argentés, lièvres des glaces et aurochs parcourent les terres, se nourrissant d’ogräs, une herbe haute qui survit malgré le gel et la terre chargée de sel. Ils sont les proies des loups et des afmérides, des oiseaux géants capables d’emporter un caribou entre leurs serres. 
La côte qui s’allonge jusqu'à devenir banquise constitue la zone la plus peuplée de la contrée : oiseaux innombrables, phoques cornus, ours blancs, macareux charognards et les redoutables orques-reptiles. Tous sont carnivores et ne doivent pas être pris à la légère par l’intrépide chasseur, fût-il un Krinal !

Les zones montagneuses ont toujours été fertiles et boisées. Escarpées, elles sont restées sauvages. De nombreux animaux y vivent malgré la rudesse du climat. Elles sont les régions de nidification des afmérides. Les petits peuvent y grandir à l’abri de leurs prédateurs. Une fois adultes, ils descendent dans les plaines où ils peuvent exploiter au mieux leur grande envergure. Ils ne retournent dans les montagnes que pour pondre.
Habitants

Les Krinals

La grande majorité de la population au Svenhaagen est composée des terribles Krinals, des géants (2m-2m30) à la peau pâle et au sang bleu. Leur sixième sens leur permet de s’orienter dans l’obscurité ou de percevoir un danger proche. Ils supportent également des froids extrêmes. Certains disent que le dieu Hamalron, bâtisseur du monde, octroya force et résistance à cette race afin qu’elle survive à la rudesse de cette région. D’autres, plus portés sur les sciences, pensent qu’il s’agit juste d’une évolution de la race humaine. Et enfin, une troisième version, évoquée par des mages, conjecture sur l’idée d’une race créée magiquement.

Toutes ces spéculations n’affectent pas les Krinals qui ne vivent que pour le moment présent. Seul leur vie, de leur naissance à leur mort compte. Ils attachent beaucoup d’importance à la puissance personnelle et à celle de leur clan. S’ils respectent et font appel à leurs shamans, intermédiaires entre les esprits des morts et des dieux, c’est uniquement pour solliciter l’aide de ceux-là. Un dicton qu’ils aiment citer résume bien la philosophie krinale : « Mort, le corps n’est que pourriture ; quant à l’esprit du défunt, il se fout bien qu’on pense à lui. »
La vénération des valeurs martiales, de la domination d’autrui et de l’honneur du clan a toujours nui au développement de la civilisation krinale. Quand ils ne sont pas en proie aux guerres entre clan, les Krinals se livrent à des expéditions de pillage des pays voisins. La science, si elle n’a pas une application pragmatique immédiate, est mal perçue.
Les clans ont des territoires aux frontières floues et changeantes. S’ils sont généralement sédentaires, il leur arrive de migrer en cas de famine ou par jalousie envers un clan mieux doté. Les conflits qui en découlent sont nombreux. Mais leur dédain du passé permet d’éviter les vengeances interminables.
Le nombre de clans varie couramment, en fonction des alliances, des disparitions et des scissions.  Chacun porte le nom de son chef, autant dire qu’il est impossible pour un observateur extérieur de comprendre quoi que ce soit concernant l’évolution de la politique locale.
Les Krinals sont essentiellement des chasseurs et des guerriers. Les objets manufacturés qu’ils utilisent proviennent soit du pillage soit de la transformation des produits de la chasse. Quasiment aucune construction en dur et aucune industrie mis à part dans les montagnes où se trouvent des mines exploitées par des esclaves et des charbonnières. 
Un village se résume à un ensemble de tentes en peau de caribou entourant la « hörsal » l’immense salle commune, unique construction en bois du clan.  La notabilité de celui-ci se juge à la taille de sa hörsal. Un clan se soumettant à un autre se doit de réduire la taille du bâtiment, les matériaux servant à agrandir celui du plus puissant.
L’activité qu’affectionnent les Krinals et dans laquelle ils excellent est le dressage. Plus la créature domptée est grosse et redoutable, plus la fierté du dresseur est grande. Grâce à ce talent, les Krinals disposent de montures imposantes : Aurochs de près d’une tonne, ours blancs et surtout les afmérides qui font d’excellents oiseaux de monte et de guerre.
Une méfiance viscérale envers la mer – voir «Histoire » – et l’absence de la technologie nécessaire font des Krinals les grands absents de la conquête des océans. Ils compensent cette faiblesse par leurs talents de marcheur et l’utilisation de traineaux tractés par des afmérides ; ainsi, des expéditions utilisent la banquise pour atteindre les villages côtiers d’Occidion au cœur de l’hiver.

Les Dvärgs

Quasiment méconnus des peuples civilisés, les Dvärgs sont de petits humanoïdes (60 cm) difformes, grisâtres et maigres. Asexués, ils se reproduisent en entrant en symbiose avec la roche. Leur corps se fond dans celle-ci et il en ressort deux Dvärks moitiés moins grands. L’opération dure une vingtaine d’année mais leur durée de vie approche les cinq cents ans. Leurs pouvoirs magiques liés à la pierre et à la terre leur permettent de se défendre contre nombre d’agresseurs hormis les créatures de l’Inframonde. Les Krinals les craignent plus que tout mais préfèrent garder le silence à ce sujet.
Pacifiques, ils se préoccupent essentiellement de « l’aménagement » des montagnes qu’ils perçoivent comme une immense œuvre d’art. Si leur vision chaotique de la chose rendrait perplexes les artistes les plus avant-gardistes d’Occidion, tout cela présente un sens évident à leurs yeux. 
Les autres peuples
Mis à part quelques aventuriers inconscients ou très puissants, le Svenhaagen n’abrite pas d’autre peuple libre. C’est sans compter les nombreux esclaves hamalronniens, cendroves ou centuplides que détiennent les Krinals. Les Eowins échappent à cette condition ; aucun d’entre eux ne survit à plus de quelques semaines de captivité, préférant se laisser mourir.

Histoire et lieux notables

La chronologie du Svenhaagen comporte peu de dates marquantes et rares sont les historiens s’étant préoccupés d’établir une liste des événements de la région. Toutefois il existe quelques sites intéressants permettant de sortir le pays de l’obscurité passée.
Il y a quelques millénaires, le niveau des eaux a diminué, donnant naissance à la plaine de Svenhaagen, mais bien avant cela, une antique civilisation avait construit des cités sur les îles de cette mer peu profonde. Ce peuple inconnu a laissé des constructions de pierre imposantes qui trônent maintenant sur des monticules au milieu de la plaine. Rien n’explique comment des rochers de plusieurs tonnes ont pu arriver sur les îlots, ni les méthodes utilisées pour monter des tours de plusieurs étages qui ont aussi bien résisté au temps. Certaines ont fini par s’écrouler sous les effets du vieillissement, des vents salins et des tremblements de terre mais elles continuent à inspirer la crainte et le respect des Krinals qui n’osent pénétrer en ces lieux mystérieux.
La suite de l’histoire nous projette quand les Krinals venus d’un lointain continent abordèrent les côtes nord de la contrée en quête d’une terre à conquérir, 800 ans avant l’époque actuelle. Le hasard échoua leur flotte là où la plaine rencontre les montagnes. Les premiers habitants témoins de leur arrivée furent les Dvärgs qui prirent peur en voyant ses géants en armes. Pris de panique, ils pétrifièrent tous les navire grâce à leurs pouvoirs magiques. Les barbares, prirent la fuite dans la plaine. Leurs navires de pierre restèrent pris dans les sables de la côte et servent actuellement de royaume des oiseaux marins.
Quelques années après l’exploration de la lande stérile du Svenhaagen, les Krinals s’unirent et commencèrent à envahir Chenara dont ils furent repoussés, in extremis, par une alliance entre Hamalronniens et Cendroves. Désunis, animés par la rancœur, les Krinals s’installèrent au Svenhaagen et devinrent les prisonniers de leur conquête.
Dans la foulée de la victoire, le royaume d’Occidion crut les Krinals définitivement éliminés et prit l’initiative d’installer un comptoir sur la côte du  Svenhaagen dans le but d’abriter explorateurs et chasseurs de baleines. Le village côtier subsista une dizaine d’année, puis une attaque massive des Krinals marqua sa destruction définitive. Les restes du village devinrent le siège d’un clan. La capture de quelques bateaux de pêche permit aux barbares de renouer timidement avec leur lointain passé de marins, au moins pendant quelques années.
Un événement majeur s’est déroulé lors de la dernière décennie : un puissant chef krinal nommé Osthrom réussit à fédérer les clans sous son autorité et à entrer dans le jeu politique de Chenara. Pour connaitre la suite, lisez « Le Royaume De La Discorde ». 
 


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